SUPER BOOGIE W/ MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE / JEREMY UNDERGROUND / T.O.M

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Vendredi dernier, on entamait le mois d’octobre par une soirée consacrée uniquement à la house music. Au programme de cette première SUPER BOOGIE de la saison, deux figures emblématiques de la scène house mondiale, MOTOR CITY DRUM ENSEMBLE et JEREMY UNDERGROUND.

Il est minuit et demi, une foule oppressante s’impatiente devant l’entrée. Après une lutte acharnée, on entre enfin dans le club pour y redécouvrir T.O.M. Ce résident habitué des soirées rennaises, membre et co-fondadeur des soirées Made et Boogie commence avec un set tout en house music teinté de funk et de disco.

Vient ensuite le tour du tant attendu, MCDE. Cet artiste accompli est un vrai caméléon, il sait passer d’un style à un autre avec une facilité déconcertante. Son set est propre et maîtriser, comme toujours. Il nous embarque dès les premières secondes dans son univers émotionnel et mélodique. Le public est présent et agité. On sent comme une certaine frénésie dans la salle.

Pour la petite anecdote, Danilo Plessow a vécu à Stuttgart, qui à l’époque, était le berceau du monde automobile d’ou le « Motor City ». Le « Drum Ensemble » est en lien avec sa collection de boite à rythme classique, base de sa musique électronique.

https://www.youtube.com/watch?v=6hFdWGE6RWo

Parenthèse close, on prend le temps d’une cigarette pour reposer nos petits pieds. Les heures défilent derrière les platines, je réalise qu’il est déjà 4h quand JEREMY UNDERGROUND fait son entrée.

Sans grand étonnement, ce français nous propose un set fluide et de qualité, accompagné d’une technique impéccable. Il n’y rien à redire, on clot la soirée avec un morceau de Gabor Szabo. Un peu de jazz, un peu de funk pour aller s’endormir paisiblement et repenser à cette soirée musicalement réussie. En remerciant nos amis organisateurs qui ont tout donné pour nous offrir une soirée et des artistes de qualité.

https://www.youtube.com/watch?v=VCFVNvaMmOU

LA RELIGIEUSE w/S3A/ABILE/RAD NAÏAD

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Mercredi 7 Octobre eut lieu la première édition de La Religieuse de la saison. Une soirée éclectique qui rassemblait S3A (Concrète, Hold Youth, Phonograme), ABILE (Chevreuil) et RÀD NAIAD  (Mulen Records – Luminaere – Different Skills).

00h30, arrivée au Delicatessen. Le producteur de Luminaere attaque la soirée par un set micro-house entraînant. Des transitions propres, des tracks exaltants comme « Propter » de MALIN GENIE ou encore « Codex Voluspa » de VLAD CAIA. Il suffit d’une demi-heure au jeune Malouin pour faire salle comble.

https://soundcloud.com/r-d-naiad/different-tone-v1-rad-naiad

1H45, RÀD NAIAD laisse place au combattant de Concrète, S3A. Ce champion de sampling ayant une solide connaissance des genres réalise un set house mélangeant différentes cultures. Son engouement pour la multiplicité des styles l’a porté au rang des artistes les plus prometteurs de la scène House française.

https://soundcloud.com/s3acontact/a1-cuthead-from-the-basket

3h45, le co-fondateur de la team Chevreuil, ABILE, clôture la Religieuse. Ce mélomane né de la culture Hip-Hop mêle House, Deep et Techno pour le plus grand plaisir des auditeurs.

https://www.mixcloud.com/chevreuilteam/

N’étant pas adulatrice de la House, j’ai été agréablement surprise par cette première édition pour son syncrétisme. Vendredi 20 Novembre, nous retrouveront la Crèmerie avec ANETHA (Blocaus), REBEKAH (Decoy, Clr) et le Rennais PAMARAN (Midweek).

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COUP DE CŒUR DU MOIS: PETRE INSPIRESCU

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La scène électronique nous présente un large panel de sonorités à l’heure actuelle. Certains préfèrent, en généralisant (et j’insiste), la Techno pour son aspect hypnotisant, d’autres la House pour sa capacité à conférer un groove ou bien la Deep House pour les adeptes de mélodies entrainantes. Mais peu importe le genre, quand bien même il reste très difficile de « classer » une musique ; dans tout ce mélange s’inscrivent de nouveaux horizons musicaux qui entraînent une conception différente des bases déjà établies. Que ce soit au niveau de la structure, de l’atmosphère, et surtout, à mon sens, de l’intention musical. C’est pourquoi je me suis attaché à quelque chose de particulier dirais-je, aux sonorités plutôt minimalistes, au caractère expérimental. Il s’agit du compositeur roumain trentagénaire Petre Inspirescu ! Ne serait-ce que pour argumenter à la fois simplement et efficacement mon choix, voici la track que je tiens à partager : https://www.youtube.com/watch?v=AkDQLEBAYaA

L’originalité est probablement le mot le plus représentatif de ce morceau. D’un point de vue rythmique, même si la structure semble classique en conservant la méthode de boucle, il y a un jeu très intéressant sur les Drum Hits (kick, hat, snare, etc.). Plusieurs petits éléments ou « bruits » interviennent dans la rythmique, avec une intensité différente, donnant ainsi des nuances continuellement. Cela s’accentue par l’usage d’une basse neutre mêlée à un kick, dont la vélocité diffère sur plusieurs temps. On a réellement le sentiment qu’une certaine souplesse émane du son de par ce minimalisme musical.

L’autre partie, axée sur la mélodie convient parfaitement à cette rythmique. Petre Inspirescu a tout simplement utilisé des sample de cello pour en faire une mélodie. Toutefois cette simplicité que je tends à exprimer reflète une recherche et un travail artistique pur, ce qui peut sembler paradoxal. C’est pour cela que je trouve cette musique intelligemment étonnante ! Mr Inspirescu marie à la perfection l’usage d’un instrument classique à notre chère musique électronique moderne. A cela s’ajoute quelques notes de piano amenées subtilement et, enfin, le timbre d’une cantatrice. Honnêtement, je n’ai jamais entendu quelque chose de la sorte auparavant ! Dès lors que cette voix apparait, le sentiment poétique qui nous porte durant l’écoute est d’autant plus renforcé par son lyrisme.
Finalement ce qui rend ce son incroyablement puissant, c’est ce mélange de genre, entre instrumentation classique, rythmique électronique et chant lyrique. Nous sommes clairement dans un horizon qui tend à être de plus en plus exploré actuellement mais qui trouve ici un réel point d’ancrage en exploitant les ressources des genres, construisant une atmosphère à part, envoûtante et entraînante, mélodique mais dynamique, tout en nappes et en à-coups.

EP DU MOIS : DAX J – DESCENDANTS OF SINNERS

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Ecrire sur la techno ou la house est un travail de chaque jour, toujours en quête de nouveaux artistes, nouveaux titres à vous faire découvrir.

Me voilà donc un soir de septembre pluvieux, à la recherche de l’EP du mois, lorsque je tombe sur ce set de MARCEL DETTMANN en b2b avec BEN KLOCK lors de l’Awakenings qui a lieu à Amsterdam. Au bout d’une heure et quart d’écoute, le son des tambours s’infiltre dans mon oreille et je me sens comme embarquée dans un monde parallèle. Je cours, je vole à la recherche de ce titre qui oscille entre la techno et la dub. En quelques clics, je fini par découvrir qu’il s’agit du nouvel EP de DAX J, Descendants of Sinners produit par Ear to Ground.

Sombre et mental, cet EP vous plonge dans une errance nocturne. Ce londonien exporté à Berlin est un malin, il a compris comment jouer avec la techno pour mieux impacter au long terme la mémoire des auditeurs. Rapidement, on comprend que chaque titre à son histoire.

Dès la première tack, Babylon, DAX J définit les pourtours de l’univers mystique et antique dans lequel il a l’intention de nous baigner tout le long de son EP, tout ça berçé par un tempo dubbé. Un univers que l’on retrouve par ailleurs sur cette pochette et dans les titres de chacunes de ses tracks.
Vient ensuite cette Utopia. Alors que ce fameux titre qui m’a fait chavirer pendant le set de DETTMANN et KLOCK, prouve un certain positivisme qui se traduit par la présence de ces percussions et cette rythmique haletante, Temple of Messiah est quant à lui, beaucoup plus enténébré.
Mais la vraie claque de cet EP reste selon moi, Kill False Prophets. On se croirait presque en rave et finalement, on apprécie. Une noirceur sans équivoque combinée à une artillerie lourde. Il serait presque nécessaire de prendre un bon cachet d’aspirine pour se remettre de toutes ces déferlantes sonores.

En bref, DAX J vient rompre l’ennui quelque peu routinier que nous ont inspiré la majorité des sorties techno dernièrement. Cet EP est fascinant par sa diversité qui finalement prouve une certaine complémentarité. Je ne vous en dit pas plus et vous laisse découvrir par vous même ce récit épique et tumultueux que j’ai tant aimé.

MADE W/ MILTON BRADLEY / HENNING BEAR / PHIL WEEKS / DAXXEL / JABBA 2.3

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Vendredi dernier avait lieu la Made #5, l’évènement de ce mois de septembre musicalement bien rempli à ne pas manquer. On en attendait beaucoup de l’ équipe du 1988 qui nous tenait en haleine avec ses promesses de changement. (à voir l’article sur La rentrée du 88).

Il est 1h, l’entrée dans le club se fait avec une facilité limite déconcertante. À l’intérieur, on commence avec BLCKSMTH. Un set propre, sans bavure et qui musicalement, nous a enjoué. On s’élance sur la piste pour danser un droite gauche comme de parfaits technophiles au son des basses qui vibrent sous nos pieds agités. Le public apprécie cette sombre musique et nous aussi.

On sent comme une suite fluide lorsqu’arrive à 2h30, messieurs MILTON BRADLEY et HENNING BEAR de K209. Une techno brute et efficace à leur image. Ces deux Berlinois habitués du célèbre Barghain y mettent toute leur énergie pour nous faire suer et trembler. Après avoir eu l’occasion de les voir excellemment bien jouer à La Machine pour la Blocaus, je ne fus aucunement surprise d’assister une seconde fois à un set sans compromis qui fait paraître l’âme des machines.

https://www.youtube.com/watch?v=7QPrJa7z12s

Dans la salle club, on découvre avec DAXXEL, des sonorités oscillant entre deep et house music. À peine le temps de se rafraîchir qu’arrive ensuite le tour de PHIL WEEKS. Cet artiste majeur de la scène française et résident du Rex nous plonge dans une house mélodique plutôt plaisante tout droit venue de Chicago. La salle est comble, le public déchainé.

https://soundcloud.com/robsoulrecordings/phil-weeks-pimpin-aint-easy-lpteaser

La soirée se termine avec JABBA 2.3, un résident bien connu des soirées rennaises et notamment des Made. On se lance sans hésitation sur une tech-house mélangeant Chicago et Détroit. Le résultat est là, comme toujours. Il clôt la soirée avec un joli remix de Blaze qui fait plaisir à entendre.

https://www.youtube.com/watch?v=xLkzHF8xY4c

Les promesses du 1988 semblent tenues, le son est propre, les artistes de qualité et la gestion sans accros. Peut-être un petit hic pour cet espace VIP qui semble tout droit sorti d’une « discothèque » de campagne où exhiber sa bouteille de champagne au prix exorbitant n’est que coutume. Mais pour l’essentiel, ce fût une belle expérience, un beau voyage. Rendez-vous donc le 27 novembre pour la Made #6, qui s’annonce pleine de surprises.