Rencontre avec Daïf pour Luminaere

En ce mois de mai, une toute nouvelle association va faire son entrée sur la scéne Rennaise : Luminaere. Nous avons rencontrer Antonin Hifda, président de cette association pour nous parler un peu du concept. hifda 10995807_1586765328230556_3715580797863813972_n

Paper Night : Présente toi en tant qu’artiste

Daïf : Mon nom d’artiste est Daïf, j’ai 20 ans et j’ai commencé à mixer à 15 ans. J’ai commencé à St Malo grâce à Jérôme Bertrand qui m’a propulsé derrière les platines du Studio de l’Escalier Club. Quand j’ai atterri à Rennes pour mes études, j’ai commencé à jouer pour quelques associations rennaises dont Boogie Night que je remercie au passage du soutien qu’il m’apporte dès que l’occasion se présente. J’ai été sélectionné au tremplin Astropolis en 2013, j’ai joué à plusieurs reprises au 1988, à l’Altercafé à Nantes, à Angers etc. J’ai eu la chance de jouer aux côtés de Ellen Allien, Daniel Avery, Madben, Bleak (pour un B2B improvisé dont je me souviendrais longtemps) etc. Je n’oublie pas mes potes comme Algo avec qui j’adore jouer en B2B (et faut savoir que je n’aime pas trop jouer en B2B..) ou encore avec Càmi, qui me met toujours de bonnes grosses claques. L’année dernière j’ai été sélectionné au BPM contest, qui est un concours basé sur les productions. J’ai sorti mon premier EP sur un Label allemand Habitat Music. J’attendais vraiment la sortie de cet EP. Elle a une signification toute particulière pour moi, parce que j’ai composé Unforgettable Personnality le lendemain de la mauvaise nouvelle, ça m’a beaucoup attristé, comme tout le monde je pense. Je suis naturellement très fier de ce track. J’ai eu la chance d’être remixé par le berlinois dotSTRIPE, qui est vraiment très bon, et aussi par Kénai, un luxembourgeois moins connu mais tout aussi prometteur. Sinon, le début d’année a été plutôt calme pour moi, mais ça m’a laissé du temps pour bosser sur Luminaere et sur les deux EP que j’ai en préparation, qui sortiront en vinyle. La production est ce qui me prend le plus de temps dans la vie de tous les jours. Je pense qu’aujourd’hui, si tu ne produis pas, tu es foutu, tu n’iras pas plus loin que Rennes, tu vois ? Avec toute la génération controller, tout le monde peut être DJ, ça ne veut plus rien dire. Si tu ne composes pas, t’es noyé dans une masse de DJ. La plupart des gens ne savent pas différencier un mec qui joue sur controller ou sur vinyl. Tout ce qu’ils veulent c’est de la grosse techno, gueuler « ALLLER LA » parce que tu ne joues pas assez bourrin. Alors ce qu’il te reste pour sortir un peu de tout ça ce sont tes morceaux. J’exagère un peu, Rennes a un très très bon public, il existe de bons endroits pour le trouver, j’espère que Luminaere en fera partie.

PN : Du coup présente nous Luminaere

D : J’avais cette idée en tête depuis décembre. J’avais envie de faire des teuf dans des salles style l’antipode, jardin moderne, ubu, histoire de changer des clubs. Au final, je me suis dis que ça ne servirait à rien, que Luminaere serait juste une soirée parmi tant d’autres. Midweek, Midi Deux, Krone etc… font déjà très bien le taff je trouve. On a mis du temps à trouver ce que l’on voulait réellement faire. Je pense qu’avec l’offre de ouf qu’il y a à Rennes, le public s’étouffe, sort moins, se lasse. Donc c’est d’autant plus dangereux pour nous d’arriver alors que beaucoup beaucoup d’associations existent et sont déjà très en place. Je pense à Texture, Racine ou encore Chevreuil, qui ramènent un petit peu de fraicheur dans tout ça. Je les remercie d’ailleurs également pour le soutien qu’ils apportent à Luminaere. Donc comme les beaux jours arrivent, on a décidé de donner aux gens ce qu’ils veulent, des open air. On a trouvé un lieu, qui sera d’ailleurs toujours le même, qui permettra aux gens de se déconnecter un peu de leur vie quotidienne. C’est à seulement 10min du centre mais t’as pourtant pas du tout l’impression d’être à Rennes, entouré de toute cette magnifique verdure. On veut que les gens viennent, se sentent bien, se détendent, dansent, sourient, oublient leur quotidien. Le but de Luminaere c’est de pouvoir chiller, avec du bon son, dans un endroit cool. Ça se déroulera de 12H30 à 21h, ça dépend si tu prends le brunch ou pas, mais je le conseille vivement, c’est meilleur et même moins cher qu’un pauvre Kebab tout pété. Les entrées sans brunch ouvriront à 14H30. Nous sommes dans l’optique de faire jouer nos DJ sur de longues durées, 3-4h environs, c’est plus dans notre état d’esprit. On préfère ça plutôt qu’une soirée qui dure 6h avec quatre artistes qui vont jouer 1H30 chacun. Entre résidents, on ne se prendra pas la tête, on laissera jouer plus longtemps le ou les têtes d’affiches si ils veulent, on se fera de grands B2B entre nous. Pour la première, on invite Le Loup qui représente assez bien tout ce qu’on aime, parfois Minimal, parfois House, c’est un excellent compromis et on a hâte de l’entendre.

PN : Et qui sont les membres de Luminaere ?

D : Nous sommes trois : Càmi, Rad Naiad et moi-même. Càmi est assez discret mais vraiment, vraiment, vraiment bourré de talent, humainement adorable, c’est vraiment quelqu’un de très intéressant. C’est un peu grâce à lui que j’ai commencé à écouter de la minimale et toute cette facette de la musique électronique que je n’avais pas encore découvert. Aujourd’hui je ne me vois plus écouter autre chose que ça, ce côté savant de la House. C’est tout naturellement que je lui ai demandé de me rejoindre dans ce projet. Rad Naiad est un de mes meilleurs potes, inconnu de la sphère rennaise parce que tout bêtement Luminaere sera sa première date. Il s’est mis à composer avant d’être DJ. Musicien à la base, il a progressé extrêmement vite et ses track font vraiment très mal. Il va sortir un EP pour Mulen Record le label de l’ukrainien IO (Mulen), très réputé dans le milieu. Y’a à peine deux mois quand je lui ai demandé si il voulait se joindre à nous pour le projet, j’étais assez emmerdé parce qu’il ne savait même pas mixer, il m’a juste répondu «mais t’inquiète ça va le faire !». Il s’est acheté une paire de technics et en une semaine il savait mixer sur vinyle. Pour l’organisation, on n’a pas de poste particulier, on s’occupe un peu de tout tous ensemble. On a vraiment hâte de se retrouver tous les trois derrières les platines en tout cas.

PN : Vers quel type de son vous orientez vous ?

D : Clairement on est orienté minimal, mais minimal house, micro house. On est très influencé par la scène roumaine, Petre Inspirescu, Rhadoo, Barac, Cristi Cons etc. On a vraiment envie de faire découvrir ce style musical au public rennais, les sortir un peu de la house ou de la techno habituelles.

PN : Quelles sont tes influences ? Ce que tu écoutes chez toi ?

D : J’ai des influences très très variées, déjà petit j’écoutais beaucoup la radio, qui passait moins de merde qu’aujourd’hui, ou alors je devais aussi être beaucoup plus indulgent, je sais pas (rire). Je me souviens d’une petite anecdote, je devais avoir 7 ans, un truc comme ça. J’étais dans la voiture de ma mère et on écoutait je ne sais plus quelle radio, et c’était Cry Me A River de Justin Timberlake, bon ok c’est pas très bandant, mais on n’écoutait pas radio classique quoi. Et je sais pas pourquoi j’adorais vraiment ce morceau, je pense toujours que c’est un très bon morceau d’ailleurs. Du coup, quand on est arrivé, je suis sorti de la voiture en courant comme un ouf pour aller dans ma chambre et enregistrer le morceau sur une cassette sur laquelle j’enregistrais tous les morceaux que je kiffais. Du coup je me faisais inconsciemment des petits sets sur des cassettes, oui on peut dire que c’était l’un de mes premiers podcasts (rire). Pour en revenir à mes influences, j’ai toujours écouté beaucoup de Rap Us étant petit, genre quand 50 Cent a débarqué, j’étais vraiment à fond dedans. Puis plus tard au collège j’ai commencé à écouter du Néo métal (comme beaucoup je pense, mais ça ils n’assument pas) comme Slipknot, Korn ou System Of A Down. Mais c’est à partir du lycée que j’ai commencé à écouter de la musique électronique en commençant par la turbine, Boys Noize etc. Avec mes premières sorties en boîte et c’est là que ça a beaucoup joué je pense, j’ai commencé à écouter le «bon côté de la musique électronique». J’ai donc commencé à mixer à 15 ans et tous les weekends, j’allais squatter le Studio de L’Escalier Club, ce qui était un peu bizarre parce qu’à l’époque c’était rempli de darons et de gay. Mais je trouvais ça marrant et je m’en foutais parce que T.O.M et Jérôme passaient vraiment de la bonne musique, des trucs que j’avais jamais entendu avant. C’est à ce moment là que Jérôme m’a mis derrière les platines de l’Alambic Café une fois, deux fois, puis au final derrière les platines du Studio. Je ne serai pas là où j’en suis (même si je ne suis pas très loin haha) sans le Studio, sans Jérôme Bertrand. Aujourd’hui dans la vie de tous les jours, j’écoute autant de Métal et de Rap que de minimal, de house etc. Quand je fais du son toute la journée, j’aime vraiment écouter autre chose. Je kiff aussi beaucoup Massive Attack, Portishead, Radiohead et aussi le Blues grâce à mon père. Je pense que tu ne peux pas te créer une culture musicale seulement sur les deux dernières années où tu t’es mis à écouter de la house ou de la techno. C’est toutes tes connaissances musicales variées qui font de toi un bon DJ ou un bon compositeur.

PN : As-tu vu une évolution de ce milieu depuis quelques années ?

D : Je suis assez jeune donc je sais pas si je vais pouvoir très bien répondre à cette question. Ce que je vois c’est qu’il y a un public de plus en plus jeune à aimer la techno en général. Mais du coup ça devient clairement un effet de mode. Les gens vont aller à telle ou telle soirée parce que leurs potes y vont, sans même savoir qui va jouer ou juste parce que c’est cool d’y aller. C’est comme ça que tu te retrouves avec un public amorphe, pas du tout réceptif sous MD. Je suis pas contre la drogue mais franchement, tous les gens on ce discours de «la techno ça rassemble» mais quand tu les regardes après leur 3ème para, ils sont plutôt chacun dans leur bulle et malheureusement plus en connexion avec les enceintes qu’avec le DJ. C’est pour ça que faire des Open Air permet d’être un peu moins confronté à ce problème. On espère vraiment avoir un public chaud et super réceptif. La seule évolution que j’ai vu c’est qu’il y a de plus en plus de monde intéressé par ce genre de musique et je pense que c’est vraiment une bonne chose pour nous tous. Après rien n’est parfait, alors c’est sûr, cette démocratisation a aussi ses inconvénients.

Page FB :https://www.facebook.com/luminaere?fref=ts

Evénement : https://www.facebook.com/events/949405088423596/

Lien pour préventes : https://www.yuticket.com/le-stanley/0e8b8bb0-3e3a-40e6-96c0-b0bd8a7e8551-luminaere-open-air.html

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s