L’UBU, KRS (HERETIK SYSTEM) , DES TOILETTES

Parfois il ne faut pas grand chose pour qu’une journée merdique se transforme en journée passionnante, cette soirée a été ce déclencheur. Cela faisait maintenant plusieurs mois que je n’avais pas mis les pieds à l’Ubu et pourtant après un repas partagé avec les artistes et les organisateurs, je ne regrettais pas d’être venue. Je partageais ce repas entre des bénévoles et Christophe alias KRS qui accepta ma demande d’interview ; quelques heures plus tard nous nous sommes retrouvés assis sur le sol des toilettes des coulisses de l’Ubu et c’est ainsi que débuta notre discussion: IMG_3154

photo : ©Moulte Productions  https://www.facebook.com/Moulteprod?fref=ts

Paper Night: Peux-tu te présenter en quelques mots?

KRS: Je m’appelle Christophe, j’ai bientôt 40 ans et quand je fais de la musique c’est KRS.

PN: Peux- tu me parler de ton parcours musical, comment tu as découvert ce milieu ?

KRS: À la base je suis plutôt du milieu punk, j’ai rejoint un ami à moi dans le sud, ça devait être en 92 quelque chose comme ça. Il m’amène dans une teuf, une free party techno et en fait moi c’est pas la musique qui me fait kiffer ; mais plutôt la free party et à partir de là je suis retourné chez des amis à Paris et je leur ai dis  » je veux faire ça, je veux faire des free  » .

PN: Et aujourd’hui tu en organises toujours ou tu as complètement arrêté ?

KRS: Alors, je n’en fais plus en tant qu’organisateur mais (Eruption d’un DJ pour utiliser les toilettes ; temps mort) parfois je vais y jouer quand j’estime que les gens qui me le proposent valent le coup entre guillemets, valoir le coup c’est de ne pas faire un truc événementiel ; un peu l’antithèse de ce qu’on fait nous aujourd’hui.

PN: Et pourtant ça te plaît de faire des dates comme ça dans des clubs, on peut donc dire que tu as un peu changé de bord par rapport à ce que tu faisais au départ?

KRS: J’ai pas vraiment changé de bord, je prends ça comme une opportunité pour moi de rencontrer des gens et de voyager car je n’ai pas forcément le temps ni les moyens de le faire, même en vacances à Tombouctou par exemple, alors que maintenant il y a des gens qui m’appelent et qui me demandent de jouer à Bab El Oued ou à Tombouctou en me payant le billet. Qui dirait non ?! Je dirais que tout ça c’est le beurre de mes épinards ! C’est aussi ce qui me permet de lâcher prise.

PN: Qu’est ce qui te plaît le plus quand tu joues comme ça devant un public ?

KRS: Je ne sais pas vraiment ce que j’aime le plus, quand je joue c’est comme quand je suis à la maison je fais du son, donc j’essaye que ça me plaise à moi, quand ça me plaît c’est bien, quand ça me plaît et qu’en plus quand je lève la tête, je vois 500 ou 2000 personnes c’est gratifiant, ça me plaît d’autant plus mais ça ne dure qu’une seconde et en fait je m’en fou parce que ce qui m’intéresse c’est ce que je suis en train de faire. Le kiff il est aussi bien personnel à la maison donc très égoïste, d’ailleurs c’est très égoïste ce que je fais parceque ce que je fais je le fais pour moi et je me fous de ce que les gens peuvent penser, qu’ils pensent du bien ou du mal au final, ils parlent de moi donc s’ils n’ont rien à faire d’autre de leur vie c’est triste. La musique c’est ni bien ni mal sois tu aimes sois tu n’aimes pas point barre. Maintenant certain en font leur vie moi ce n’est pas le cas ; ça en fait partie mais c’est un détail ; je dirais que c’est un peu la guirlande qui décore le tout. Hélas si c’était toute ma vie, je me serais suicidé depuis longtemps.

PN: Peux-tu me raconter un super souvenir en rapport avec la musique?

KRS: C’est la première fois ou j’ai pris des hallucinogènes sur de la techno, parce que j’avais toujours pensé que j’aimais la musique, car j’étais guitariste, que je vivais la musique ; mais je n’avais jamais vraiment dansé ! Et la première fois ou j’ai pris un acid c’était avec les Spirals Tribe, et j’ai atteint ce qu’on appelle la transe ; loin de moi d’être un hippie et pourtant pendant des années ayant été musicien et partagé la musique avec un groupe, de prendre ce trip sur de la musique électronique m’a ramené à ce mouvement de transe quand tu es en groupe et qu’au simple regard tu sais que tu vas changer d’accord ou que tu vas faire un break, cette espèce de partition commune. Ce n’est plus physique ça touche le sacré, la communication sans parole juste avec le ressenti. Donc voilà mon bon souvenir avec la musique ; ça n’a pas été quand j’ai eu mon premier mange disque et que j’ai eu un disque que j’ai passé en boucle, mais le jour où j’ai commencé à danser et que j’ai eu ce sentiment transe…

Ainsi s’est achevé notre discussion. Après cet interlude je suis ressorti pleine d’émotion et j’ai repris confiance en ce mouvement qu’on appelle la techno. Si vous voulez en savoir plus sur les HERETIK nous vous proposons de visionner ce documentaire: https://www.youtube.com/watch?v=vNILLCS1yOA

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