Rencontre avec JoeFarr

Vu qu’on était à la dernière Silent Kraft, on en a aussi profité pour interviewer le british JoeFarr, bonne lecture !

 

©photo : Moulte Production

 

Papernight : Bonjour Joe, peux tu te présenter en quelques mots?

JoeFarr : Je suis JoeFarr, je viens de Bristol au Royaume-Uni, j’ai grandi à environ une heure au nord de Bristol du côté des montagnes au milieu de nulle part.

PN : Depuis combien de temps nages-tu dans le monde de la techno ?

JF : Je fais de la musique depuis un moment mais j’ai eu mon déclic en 2012, avec une release pour Turbo.

PN : Comment es tu rentré dans le monde de la musique ?

JF : La mémoire n’est pas mon point fort mais je me souviens plutôt bien des fêtes de famille, tout le monde y jouait d’un instrument,  ou chantait. Donc j’ai baigné là-dedans depuis mon plus jeune âge. En plus, mon père est batteur donc il y avait toujours une batterie dans le coin, après ça j’ai commencé à jouer de la basse, puis la production (mao) quand j’avais 16 ans.

PN : Quels sont tes influences actuelles, ce que tu joues en ce moment ou écoutes le plus ?

JF : Je ne prends pas beaucoup de temps pour écouter de la musique, ce qui m’ennuie car il y’a beaucoup de choses que j’aimerai prendre le temps d’écouter. Je veux dire.. je n’ai toujours pas eu le temps d’écouter Syro. J’ai passé quelques jours à préparer des dates du coup j’ai écouté pas mal de son à ce moment là mais c’était dans un but bien précis, plus qu’une écoute simplement pour le plaisir.. 

PN : Peux tu nous parler de ta meilleure date, ton meilleur souvenir ?

JF : J ’étaisà Amsterdam l’année dernière  (https://www.facebook.com/beukplaten), j’ai fais set live de 5 à 6h du mat’ qui fut vraiment nice puis un B2B avec T.Tjin de 7h à 9h. C’était une atmosphère tellement infectieuse, les gens étaient là vraiment jusque la toute fin, et les organisateurs dansaient sur les caissons.

PN : Et ta date à Rennes en Décembre dernier ? T’as kiffé cette nuit ?

JF : La soirée à Rennes était géniale, j’étais malade à ce moment mais bizarrement les effets sont estompés le temps de la soirée et de mon set. Le club était cool, l’accueil excellent et le cidre très bon. Les gens étaient là , vraiment. https://www.youtube.com/watch?v=toL-qqTQqj0&feature=youtu.be

PN : Tu reviendras?

JF : Quand tu veux ! en Live Set cette fois ?

PN : As-tu des projets, une tournée, une nouvelle mixtape peut-être?

JF : J’ai quelques bonnes nouvelles qui arrivent bientôt mais je ne peut rien révéler pour le moment. J’ai quelques tracks qui reviennent du mastering, J’ai un nouveau mix qui arrive le mois prochain également

PN : As tu un mot pour les gens qui te suivent ?

JF : Je vous aime tous

Beukplaten

////////////////English Version\\\\\\\\\\\\\\\\\\\

Papernight : Hello Joe, can you introduce yourself in a few words ?

JoeFarr : I’m JoeFarr – I’m from Bristol in the UK, I grew up about an hour north of Bristol on the side of a hill in the middle of nowhere.

PN : How long have you been like swimming in the techno world?

JF : I’ve been making music for a while but got my break in 2012 with a release for Turbo.

PN : When did music arrive into your life ? Was there a trigger element?

JF : My memory isn’t my strong point but I do remember family parties quite well, everyone played an instrument, or sang so it was all around me from an early age. Plus my dad is a drummer so there was always a drum kit around, after that I started playing bass, then got into production when I was 16.

PN : What are you current influences ? what do you currently play or listen most of the time ?

JF : I don’t get much time to listen to music, which is annoying me at the moment as there is a lot of stuff I keep reading about that I want to take the time to listen to. I mean, I still haven’t had time to listen to Syro. I spend a few days preparing for gigs so I go through a lot of music at that point but it’s for a specific purpose, rather than listening pleasure..

PN : Could you talk about you’re best gig ? what’s your favourite memory ?

JF : Best gig was in Amsterdam last year (https://www.facebook.com/beukplaten) – I had a live set from 5 – 6 which went well then a B2B with J.Tijn from 7-9. It was such an infectious atmosphere, people were there til the very end, and the promoters were dancing on the speakers.

PN : What about the city of rennes when you played last December ? Did you enjoy this night ?

JF : The gig in Rennes was great, I was ill at the time but weirdly my illness lifted for the evening and the set. Great club and system, excellent hosts, very good cidrè. Crowd were on it, literally. https://www.youtube.com/watch?v=toL-qqTQqj0&feature=youtu.be

PN : Will you come back ?

JF : Ready when you are. Live set next time?

PN : Do you have any project now, a tour, a new mixtape maybe ?

JF : I have some huge bits of news coming up, but I can’t reveal anything just yet. I just got some tracks back from mastering…. I have a new mix coming up in the next month as well.

PN : A little word for your followers ?

JF : I love you all.

Beukplaten

L’embuscade qui s’appelait Silent Kraft

A l’occasion du retour de Silent Kraft pour son troisième acte, revenons sur une soirée qui nous a marqué. Ecrite à chaud après l’act II de l’association rennaise, faites attention car retour imminent vers le passé, 2014 nous revoilà !

« Fraîchement arrivée dans le game des soirées rennaises, l’association SILENT KRAFT tape fort pour son ACT II ! Melja, Joefarr et Randomer réunis au 1988 Live CLUB, ça donne une putain de mise en bouche pour les fêtes de fin d’année !

On laisse papi et mamie le temps d’une nuit devant Question pour un Champion, et on prétexte un mal de crâne post-partiels, une tisane et au lit ! Mais une nuit avec Silent Kraft, ça donne quoi les gars ?

J’avoue, ces derniers-temps, je me suis laissée tenter par les discours relou et snobs des « vieux de la vieille », ceux que t’as envie de buter quand ils osent un « mais les soirées techno rennaises, c’est plus ce que c’était tu vois… ». Je me suis fourrée le doigt dans l’œil, parce que j’en ai délicieusement pris plein les tympans le 19 décembre dernier ; retour sur une grosse fessée bien méritée.

La soirée débute sur les chapeaux de roues avec une queue interminable à l’entrée et une ambiance mitigée, tous dans le même bain, on laisse le temps filer mais tout ça pour un smiley sur le poignet, je me suis demandé où je mettais les pieds. Mais là… waw les gars vous êtes déjà nombreux sur la piste, c’est quoi ce bordel ? En warm-up, Melja, jeune culotté mais tout plein d’aplomb, ose un petit Bring de Randomer qui nous met l’eau à la bouche ! Tiens, on dirait que je trouve ma place au sein du club, et je commence à regretter d’avoir été une vieille relou snob…

2h du mat’, c’est le bordel. L’ambiance va crescendo, le club est plein, ça danse comme si le lendemain était la fête nationale des culs-de-jatte, Joefarr prend les commandes du bateau, et petit à petit, alors que je me prends des gifles en rafale par tant de précision du son, sa techno m’envoûte, je mords à l’hameçon, je me laisse porter, tout le monde danse, c’est la fête, les corps s’agitent…. Merde, on aurait presque pu tourner un clip de l’album Sexuality de Tellier mais sur un langoureux Daft Punk : connu, basique mais toujours efficace.

3h55. J’avais zappé que la farandole de Silent Kraft n’était pas finie, le dj londonien tant attendu prend place… Et, effectivement, Randomer m’a cloué le bec pour de bon. Comment dit-on déjà ? Une main de fer dans un gant de velours ? Notre Thatcher de la techno pose son set comme le dénouement de l’act II ; il clôture une nuit de découverte ou, de redécouverte. A la sortie, je discute un peu avec le public, et il semble que même les plus sceptiques vis-à-vis du 1988 Live Club m’avouent avoir passé peut-être l’une des meilleures soirées de cette fin 2014 !

En trois points, on retient quoi de la soirée ?

  • Silent Kraft s’impose.
  • Le public rennais m’a (re)filé la pêche
  • Je me suis laissée dire que les djs étaient agréablement surpris de l’ambiance aussi, bien joué les gars ! »

Rendez-vous pour l’act III le 6 février prochain toujours au 1988 Live Club qui devient un lieu incontournable des week-ends réussis, et j’espère qu’on s’y retrouvera, avec autant de plaisir.

AK

©photo par Moulte Production.

https://www.facebook.com/Moulteprod

L’UBU, KRS (HERETIK SYSTEM) , DES TOILETTES

Parfois il ne faut pas grand chose pour qu’une journée merdique se transforme en journée passionnante, cette soirée a été ce déclencheur. Cela faisait maintenant plusieurs mois que je n’avais pas mis les pieds à l’Ubu et pourtant après un repas partagé avec les artistes et les organisateurs, je ne regrettais pas d’être venue. Je partageais ce repas entre des bénévoles et Christophe alias KRS qui accepta ma demande d’interview ; quelques heures plus tard nous nous sommes retrouvés assis sur le sol des toilettes des coulisses de l’Ubu et c’est ainsi que débuta notre discussion: IMG_3154

photo : ©Moulte Productions  https://www.facebook.com/Moulteprod?fref=ts

Paper Night: Peux-tu te présenter en quelques mots?

KRS: Je m’appelle Christophe, j’ai bientôt 40 ans et quand je fais de la musique c’est KRS.

PN: Peux- tu me parler de ton parcours musical, comment tu as découvert ce milieu ?

KRS: À la base je suis plutôt du milieu punk, j’ai rejoint un ami à moi dans le sud, ça devait être en 92 quelque chose comme ça. Il m’amène dans une teuf, une free party techno et en fait moi c’est pas la musique qui me fait kiffer ; mais plutôt la free party et à partir de là je suis retourné chez des amis à Paris et je leur ai dis  » je veux faire ça, je veux faire des free  » .

PN: Et aujourd’hui tu en organises toujours ou tu as complètement arrêté ?

KRS: Alors, je n’en fais plus en tant qu’organisateur mais (Eruption d’un DJ pour utiliser les toilettes ; temps mort) parfois je vais y jouer quand j’estime que les gens qui me le proposent valent le coup entre guillemets, valoir le coup c’est de ne pas faire un truc événementiel ; un peu l’antithèse de ce qu’on fait nous aujourd’hui.

PN: Et pourtant ça te plaît de faire des dates comme ça dans des clubs, on peut donc dire que tu as un peu changé de bord par rapport à ce que tu faisais au départ?

KRS: J’ai pas vraiment changé de bord, je prends ça comme une opportunité pour moi de rencontrer des gens et de voyager car je n’ai pas forcément le temps ni les moyens de le faire, même en vacances à Tombouctou par exemple, alors que maintenant il y a des gens qui m’appelent et qui me demandent de jouer à Bab El Oued ou à Tombouctou en me payant le billet. Qui dirait non ?! Je dirais que tout ça c’est le beurre de mes épinards ! C’est aussi ce qui me permet de lâcher prise.

PN: Qu’est ce qui te plaît le plus quand tu joues comme ça devant un public ?

KRS: Je ne sais pas vraiment ce que j’aime le plus, quand je joue c’est comme quand je suis à la maison je fais du son, donc j’essaye que ça me plaise à moi, quand ça me plaît c’est bien, quand ça me plaît et qu’en plus quand je lève la tête, je vois 500 ou 2000 personnes c’est gratifiant, ça me plaît d’autant plus mais ça ne dure qu’une seconde et en fait je m’en fou parce que ce qui m’intéresse c’est ce que je suis en train de faire. Le kiff il est aussi bien personnel à la maison donc très égoïste, d’ailleurs c’est très égoïste ce que je fais parceque ce que je fais je le fais pour moi et je me fous de ce que les gens peuvent penser, qu’ils pensent du bien ou du mal au final, ils parlent de moi donc s’ils n’ont rien à faire d’autre de leur vie c’est triste. La musique c’est ni bien ni mal sois tu aimes sois tu n’aimes pas point barre. Maintenant certain en font leur vie moi ce n’est pas le cas ; ça en fait partie mais c’est un détail ; je dirais que c’est un peu la guirlande qui décore le tout. Hélas si c’était toute ma vie, je me serais suicidé depuis longtemps.

PN: Peux-tu me raconter un super souvenir en rapport avec la musique?

KRS: C’est la première fois ou j’ai pris des hallucinogènes sur de la techno, parce que j’avais toujours pensé que j’aimais la musique, car j’étais guitariste, que je vivais la musique ; mais je n’avais jamais vraiment dansé ! Et la première fois ou j’ai pris un acid c’était avec les Spirals Tribe, et j’ai atteint ce qu’on appelle la transe ; loin de moi d’être un hippie et pourtant pendant des années ayant été musicien et partagé la musique avec un groupe, de prendre ce trip sur de la musique électronique m’a ramené à ce mouvement de transe quand tu es en groupe et qu’au simple regard tu sais que tu vas changer d’accord ou que tu vas faire un break, cette espèce de partition commune. Ce n’est plus physique ça touche le sacré, la communication sans parole juste avec le ressenti. Donc voilà mon bon souvenir avec la musique ; ça n’a pas été quand j’ai eu mon premier mange disque et que j’ai eu un disque que j’ai passé en boucle, mais le jour où j’ai commencé à danser et que j’ai eu ce sentiment transe…

Ainsi s’est achevé notre discussion. Après cet interlude je suis ressorti pleine d’émotion et j’ai repris confiance en ce mouvement qu’on appelle la techno. Si vous voulez en savoir plus sur les HERETIK nous vous proposons de visionner ce documentaire: https://www.youtube.com/watch?v=vNILLCS1yOA